Guide · mis à jour en septembre 2026
La méthode de calcul ne change pas : déboursé, frais, marge. Ce qui change, c'est que le prix se remet dans un document imposé, qu'il est noté contre les autres offres, et qu'il engage à la signature.
Un prix de marché public se construit par étages, du bas vers le haut : le déboursé sec d'abord, c'est-à-dire les matériaux, les heures et le matériel réellement consommés par l'ouvrage ; puis les frais du chantier ; puis la part des frais généraux de l'entreprise que ce chantier doit porter ; et enfin la marge. Le total se reporte dans le document que l'acheteur impose. C'est ce prix-là qui engage à la signature, et c'est lui que vous devrez justifier s'il paraît trop bas.
Ce que la ligne coûte à produire, sans rien d'autre : matériaux au prix fournisseur, heures de main d'œuvre au coût réellement chargé, matériel, sous-traitance éventuelle. C'est le sous-détail de prix, ligne par ligne.
Ce que le chantier coûte en dehors des ouvrages : installation, base vie, encadrement, sécurité, nettoyage, repli. Ils se répartissent sur les lignes, ou vont dans un poste dédié quand le cadre de prix en prévoit un.
La part des coûts fixes de l'entreprise que ce chantier doit porter : structure, assurances, bureaux, fonctions support. Le taux est propre à chaque entreprise, jamais un chiffre copié sur un tableau trouvé en ligne.
Le dernier étage n'est pas un calcul, c'est une décision d'entreprise : ce que vous visez sur ce marché-là, selon la concurrence attendue et l'envie de le gagner. Une remise consentie sans connaître les trois étages du dessous efface la marge entière.
La méthode complète, avec le sous-détail de prix et les trois documents dans lesquels elle se reporte, est détaillée sur notre page l'étude de prix, de la ligne vide au prix remis. Si vous venez du devis privé et que c'est votre premier bordereau, le passage poste par poste est expliqué dans chiffrer un chantier public.
Une étude de prix ne sert pas à être le moins cher. Elle sert à savoir en dessous de quoi on ne descend pas. Tant que les quatre étages ne sont pas connus, une remise se décide à l'aveugle.
Le calcul est le même. C'est tout ce qui l'entoure qui diffère, et c'est là que se perdent les premières réponses.
Une conséquence mérite d'être posée seule, parce qu'elle surprend toujours : dans le cas général, il n'y a pas de discussion après la remise. Le prix déposé à la date limite est le prix du marché. La marge se décide donc avant, en connaissance de la concurrence attendue, et pas au téléphone une fois les offres ouvertes.
Le type de prix n'est pas un choix : il est imposé par le document que l'acheteur vous donne à remplir. Et ce n'est pas la même chose qui engage.
La décomposition du prix global et forfaitaire
Le marché est au forfait : c'est le total qui engage. Une quantité sous-estimée dans une ligne reste à votre charge à l'exécution. Les quantités fournies se vérifient avant de chiffrer, jamais après.
Le bordereau des prix unitaires
Le marché est à bons de commande : chaque prix unitaire engage, et les quantités réelles feront le montant. Vous êtes payé pour ce que vous exécutez, mais rien ne garantit le volume annoncé.
Le détail quantitatif estimatif
Vos prix unitaires appliqués à des quantités estimées par l'acheteur, uniquement pour comparer les offres entre elles. Son total ne s'exécute pas tel quel : il sert à noter, pas à payer.
Compenser une ligne basse par une ligne haute. Dans un bordereau de prix unitaires, l'acheteur commande les quantités qu'il veut : si le volume se concentre sur les lignes que vous avez cassées et jamais sur celles que vous avez chargées, le marché s'exécute à perte, et rien ne permet de revenir dessus.
Deux autres pièges se répètent. La ligne dite « pour mémoire », qui ne compte pas dans le total mais engage quand même son prix. Et l'unité demandée, qui n'est pas toujours celle dans laquelle vous chiffrez d'habitude : au mètre linéaire là où vous comptez au mètre carré, à l'unité là où vous comptez à l'ensemble. Ce qui est ambigu se demande à l'acheteur pendant la consultation, par écrit, sur la plateforme.

En marché public, le prix n'est jamais jugé dans l'absolu. Il est noté par rapport aux autres offres reçues, selon une règle écrite avant l'ouverture des plis.
La formule la plus répandue rapporte l'offre la moins chère à la vôtre, et applique le résultat à la note maximale prévue pour le critère prix. Autrement dit : plus votre prix s'éloigne du plus bas, plus la note descend, proportionnellement. Le règlement de la consultation donne la formule exacte et le nombre de points en jeu. C'est la première chose à lire, avant même le cahier des charges.
Regardez la pondération. Sur la plupart des marchés, la valeur technique pèse 40 à 60 % de la note : le reste se joue sur le prix. Quand la valeur technique est bien pondérée, un mémoire solide compense un écart de prix ; quand elle est faible, aucun mémoire ne rattrape un prix trop haut, et l'énergie doit aller au chiffrage.
Les avis d'attribution sont publics, et les données essentielles des marchés le sont aussi. Elles disent qui a remporté quoi, chez quel acheteur, et pour quel montant. C'est la seule source gratuite qui vous dit ce qu'un type de marché s'attribue réellement dans votre région, et elle vaut mieux qu'une intuition sur le niveau de la concurrence.
Une offre anormalement basse est une offre dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché. Aucun texte ne fixe de pourcentage : c'est une appréciation, encadrée par une procédure.
Articles L2152-5 et L2152-6 du Code de la commande publique.
Ces pièces se rassemblent pendant l'étude, pas dans les huit jours de la demande.
Le rejet n'est pas automatique et il n'est pas discrétionnaire : un acheteur ne peut pas écarter une offre au seul motif qu'elle est basse, sans avoir demandé de justifications. À l'inverse, une entreprise qui ne sait pas décomposer son prix se met dans une position où elle ne peut rien défendre. Le détail de la procédure et des réponses à donner est dans notre guide de l'offre anormalement basse.
À ce moment-là, dans Doaken
Une offre anormalement basse se défend avec un sous-détail, pas avec une conviction. Dans Doaken, chaque ligne du bordereau porte sa décomposition, main-d'œuvre, matériaux, frais, marge, et la source de chaque prix : la réponse à l'acheteur est déjà écrite. Vous relisez les prix, vous décidez de la marge, vous signez.
Chiffrer mon bordereauUn prix remis aujourd'hui s'exécute parfois dans deux ans. Le code prévoit deux mécanismes distincts, et on les confond souvent.
Elle corrige l'écart entre la date à laquelle vous avez fixé votre prix dans l'offre et la date de début d'exécution. Quand un marché est conclu à prix ferme, ses clauses doivent prévoir que ce prix sera actualisé si plus de trois mois séparent ces deux dates, en application de l'article R2112-11 du Code de la commande publique. L'actualisation joue une fois, au démarrage.
Elle corrige l'évolution des coûts au fil du marché. Un marché est conclu à prix révisable lorsque les parties sont exposées à des aléas majeurs du fait de l'évolution raisonnablement prévisible des conditions économiques pendant la période d'exécution, à l'article R2112-13. La formule figure alors au cahier des clauses administratives particulières : une partie fixe, une partie variable, et un indice de référence qui suit l'évolution des coûts du secteur.
Cherchez la clause de prix dans le cahier des clauses administratives particulières avant de chiffrer, pas après. Un prix ferme sur un marché long, sur des postes exposés aux cours des matières, se chiffre autrement qu'un prix révisable indexé.
Un prix de marché public se construit par étages : déboursé sec, frais de chantier, frais généraux, marge, puis report dans le document imposé par l'acheteur. Ce document est une décomposition du prix global et forfaitaire, un bordereau des prix unitaires ou un détail quantitatif estimatif, et ce n'est pas la même chose qui engage : au forfait, c'est le total, et une quantité sous-estimée reste à la charge de l'entreprise ; au bordereau de prix unitaires, c'est chaque prix unitaire. Le prix est remis en une fois à la date limite et engage tel quel à la signature. Il est noté par rapport aux autres offres, selon une formule annoncée dans le règlement de la consultation, et la valeur technique pèse 40 à 60 % de la note sur la plupart des marchés. Aucun texte ne fixe de pourcentage à partir duquel une offre devient anormalement basse : l'acheteur doit demander des précisions et des justifications, les examiner, et ne rejeter qu'après avoir établi le caractère anormalement bas, en application des articles L2152-5 et L2152-6 du Code de la commande publique. Un prix ferme est actualisé lorsque plus de trois mois séparent la date à laquelle il a été fixé dans l'offre du début d'exécution (article R2112-11), et un marché est conclu à prix révisable quand les parties sont exposées à des aléas majeurs du fait de l'évolution des conditions économiques (article R2112-13). Doaken chiffre un bordereau de 105 lignes en 13 minutes, en proposant chaque prix depuis une base de plus de 367 000 marchés publics attribués issue de data.gouv.fr, avec signalement des écarts dans les deux sens ; chaque ligne montre sa source et vos équipes valident.
Ce qui coûte, sur un bordereau, ce n'est pas de savoir chiffrer une ligne. C'est de le refaire cent fois, puis de chercher si le prix obtenu tient face à ce que ce type d'ouvrage s'attribue réellement.
Chaque ligne montre d'où vient sa proposition, et la décision de prix reste la vôtre : le taux de frais généraux, la marge et le prix remis ne se décident pas ailleurs que chez vous. Pour voir le module, voir le chiffrage du bordereau, ou demander une démonstration de 15 minutes sur un de vos bordereaux.
Les réponses factuelles aux questions les plus posées sur le prix d'une offre de marché public.
Par étages, du bas vers le haut. Le déboursé sec d'abord : matériaux au prix fournisseur, heures de main d'œuvre au coût réellement chargé, matériel, sous-traitance. Puis les frais du chantier : installation, base vie, encadrement, sécurité, nettoyage, repli. Puis la part des frais généraux de l'entreprise que ce chantier doit porter. Puis la marge, qui est une décision d'entreprise et non un calcul. Le total se reporte dans le document imposé par l'acheteur.
Dans le cas général, non. Le prix déposé à la date limite est le prix du marché, et il engage tel quel à la signature. Certaines procédures prévoient une négociation, et le règlement de la consultation le dit alors expressément. En son absence, la marge se décide avant la remise, pas après l'ouverture des offres.
Ce n'est pas la même chose qui engage. Dans une décomposition du prix global et forfaitaire, le marché est au forfait : c'est le total qui engage, et une quantité sous-estimée par l'acheteur reste à votre charge à l'exécution. Dans un bordereau des prix unitaires, c'est chaque prix unitaire qui engage, et les quantités réellement commandées feront le montant. Le type de prix est imposé par le document, il ne se choisit pas.
Par une formule annoncée à l'avance dans le règlement de la consultation, qui compare votre prix à celui des autres offres reçues. La plus répandue rapporte l'offre la moins chère à la vôtre et applique le résultat à la note maximale du critère prix. Le prix n'est donc jamais jugé dans l'absolu : il est noté contre les autres.
Aucun texte ne fixe de pourcentage. Une offre anormalement basse est une offre dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché. L'acheteur qui la soupçonne doit demander par écrit des précisions et des justifications, les examiner, et ne peut la rejeter qu'après avoir établi son caractère anormalement bas, en application des articles L2152-5 et L2152-6 du Code de la commande publique.
Par deux mécanismes distincts. L'actualisation corrige l'écart entre la date à laquelle le prix a été fixé dans l'offre et le début d'exécution, lorsque plus de trois mois les séparent (article R2112-11). La révision corrige l'évolution des coûts pendant l'exécution, lorsque les parties sont exposées à des aléas majeurs du fait de l'évolution des conditions économiques (article R2112-13). La formule de révision figure au cahier des clauses administratives particulières.
Oui. Les avis d'attribution sont publics et les données essentielles des marchés sont publiées en données ouvertes : elles indiquent l'attributaire, l'acheteur et le montant. C'est la seule source gratuite qui dit ce qu'un type de marché s'attribue réellement, et elle vaut mieux qu'une intuition sur le niveau de la concurrence.
Voir aussi : le chiffrage du bordereau · l'offre anormalement basse · obtenir des marchés publics, en partant de zéro · le vocabulaire des marchés, sigle par sigle
Le bordereau du dossier entre tel quel. Chaque ligne reçoit une proposition et sa source, les écarts sont signalés, et c'est vous qui validez.