Pièce du dossier · bordereau des prix unitaires
Le mot important est unitaire : vous vous engagez sur le prix de chaque prestation, à l'unité, sans savoir combien de fois elle sera commandée. C'est l'inverse exact du forfait, et c'est ce qui rend ce bordereau si simple d'apparence, et si piégeux.
Le bordereau des prix unitaires est la pièce financière des marchés à prix unitaires : entretien, maintenance, fournitures récurrentes, travaux dont l'ampleur exacte n'est pas connue d'avance. L'acheteur y liste les prestations ; vous y portez un prix par unité. Et ce document est contractuel : chaque prix vous engage pendant toute la durée du marché, y compris ceux des lignes chiffrées à la va-vite un soir de remise.
| N° de prix | Désignation | Unité | Prix unitaire HT |
|---|---|---|---|
| 3.2 | Curage de canalisation, diamètre 200 à 400 mm, tous accès | ml | le vôtre : engagé |
| 3.3 | Inspection caméra après curage, rapport fourni | ml | le vôtre : engagé |
| 3.4 | Intervention d'urgence, délai 4 h, majoration nuit et week-end | U | le vôtre : engagé |
Quatre colonnes, toujours : le numéro de prix, la désignation, l'unité, et votre prix. Tout se joue dans la désignation : c'est elle qui dit ce que le prix rémunère, et ce qu'il est réputé inclure. Un prix se construit en face de sa désignation, jamais en face de son seul intitulé.
| Ce qu'on compare | BPU | DQE | DPGF |
|---|---|---|---|
| Ce qu'il contient | Des prix unitaires, sans quantités | Les mêmes prix, appliqués à des quantités fictives | Un prix global, décomposé poste par poste |
| Ce qui engage | Chaque prix, à l'unité | Rien : c'est un outil de comparaison | Le total forfaitaire |
| Son moment | Toute la vie du marché | Le jugement des offres | La remise, puis le règlement du forfait |
| Son marché type | Accord-cadre à bons de commande | Accompagne le BPU | Marché forfaitaire, opération définie |
Le DQE et sa logique de comparaison et la DPGF et le forfait ont chacun leur page. Les trois se répondent : mêmes lignes, engagements différents.
Le mécanisme tient en trois temps. L'accord-cadre fixe le cadre : la durée (souvent jusqu'à quatre ans), le périmètre des prestations, et vos prix. L'acheteur émet des bons de commande au fil de ses besoins, qui précisent prestations et quantités. Chaque bon se facture en appliquant les prix unitaires du bordereau aux quantités commandées, sans nouvelle négociation, sans remise en concurrence.
| Ce que ça change pour votre chiffrage | Pourquoi |
|---|---|
| Chaque prix doit tenir seul | Rien ne garantit la répartition des commandes entre les lignes. Une ligne peut être commandée massivement, ou jamais. |
| Le temps joue contre les prix | Sur quatre ans, vos coûts évoluent. Sans clause de révision adaptée dans le CCAP, l'érosion des marges est mécanique. |
| Le DQE de jugement n'est qu'un scénario | Chiffrer « pour la note » en pariant sur les quantités simulées, c'est parier votre rentabilité sur une hypothèse que rien ne garantit. |
| Le bordereau doit couvrir tous les cas | Urgences, horaires décalés, petites quantités : si des lignes de majoration existent, elles se chiffrent avec le même sérieux que les autres. |
La désignation renvoie au cahier technique : sujétions, inclusions, limites de prestation. Un prix posé sans avoir lu ce qu'il couvre est un prix faux : dans un sens ou dans l'autre.
Débours secs (main-d'œuvre, fournitures, matériel), puis frais généraux, puis marge. À l'unité de la ligne, pas au global : le mètre linéaire et le mètre carré ne se rattrapent pas.
Chaque prix doit être tenable si la ligne est commandée seule, et tenable si elle est commandée cent fois. Les quantités du DQE sont un scénario, pas une promesse.
Aucune ligne vide, aucune cellule modifiée hors de celles prévues, et une cohérence exacte avec le DQE : mêmes prix, produits justes. C'est une passe de contrôle, pas une relecture.
À ce moment-là, dans Doaken
Ces quatre gestes, le chiffrage les fait en premier jet : chaque prix arrive construit et sourcé (vos chantiers, les marchés attribués publiés par l'État, votre catalogue), avec son niveau de confiance. Vous arbitrez, ligne à ligne. Le bordereau revient chiffré en 13 minutes.
Chiffrer mon bordereau| Marché | Désignation type | Unité |
|---|---|---|
| Travaux | Fourniture et pose de sol souple PVC en lés, classement U3P3, y compris préparation du support | m² |
| Heure de main-d'œuvre pour travaux non prévus au bordereau, sur ordre de service | h | |
| Services | Entretien courant de bureaux : vidage des corbeilles, dépoussiérage, aspiration, lavage des sols | m²/mois |
| Majoration pour intervention de nuit, week-end ou jour férié | % | |
| Fournitures | Ramette de papier A4 80 g, certifiée gestion durable des forêts | ramette |
| Livraison sur site en 48 h, par point de livraison, quel que soit le volume | livraison |
L'unité conditionne tout : un prix « par visite » n'a pas le même contenu qu'un prix « par heure ». Les lignes de sujétions sont de vraies lignes de prix : livraisons, majorations, déplacements se chiffrent, ils ne se subissent pas. Et la désignation fait foi : chiffrez ce qui est écrit, pas ce que vous avez l'habitude de faire.
| Vous venez de lire | Ce que Doaken en fait |
|---|---|
| La construction de chaque prix | Premier jet sourcé : chantiers, marchés attribués, catalogue |
| Les lignes oubliées | Aucune ligne vide ne part |
| La défense du prix | L'origine de chaque prix est gardée |
| Le piège | Ce qui se passe | La parade |
|---|---|---|
| Le prix omis | L'offre peut être déclarée irrégulière (article L.2152-2 du Code de la commande publique), ou le prix réputé inclus dans les autres : vous exécutez sans être payé. | Jamais de blanc. Une ligne ambiguë se clarifie par une question à l'acheteur, pendant la consultation. |
| L'incohérence BPU / DQE | Un prix modifié dans un document et pas dans l'autre, une formule écrasée : note prix fausse, régularisation, voire offre écartée. | Une passe de contrôle systématique avant dépôt : chaque prix identique, chaque produit exact. |
| Le prix anormalement bas | L'acheteur doit demander des justifications (articles L.2152-6 et R.2152-3 du Code de la commande publique) ; si elles ne convainquent pas, l'offre est rejetée (article R.2152-4). Et si elle passe, vous exécutez à perte. | Un prix agressif se justifie : méthode, approvisionnement, innovation. Un prix insoutenable se paie. |
| Le déséquilibre volontaire | Minorer les lignes à fort volume simulé pour optimiser la note : les quantités réelles peuvent démentir la simulation, et chaque prix bradé vous engage pour toute la durée. | Chiffrer chaque ligne comme si elle était la seule commandée. |
Un BPU engage souvent sur plusieurs années. La clause de variation des prix du CCAP, prix fermes, actualisables ou révisables, se lit avant de construire le premier prix. Notre guide de la révision des prix explique la formule et les indices.
La méthode ci-dessus fonctionne. Elle demande de reconstruire chaque prix en face de son cahier technique, et elle se refait à chaque consultation. Le bordereau peut aussi arriver déjà rempli.
Hier, sur votre bureau
Des dizaines de lignes, et ça recommence à chaque consultation.
Le même travail, rendu par Doaken
Le bordereau revient chiffré.
13 minpour un dossier de 105 lignes, mesuré
Bordereau des prix unitaires. C'est la pièce du marché qui liste les prestations avec, pour chacune, un prix à l'unité que vous vous engagez à tenir. Les quantités, elles, ne sont pas fixées : elles dépendront des commandes réelles.
Oui, et c'est toute sa portée : chaque prix que vous y portez vous engage pendant la durée du marché, y compris sur les lignes que vous avez chiffrées vite. Le DQE, lui, n'est qu'un scénario de comparaison.
Le BPU porte les prix unitaires sans quantités et il est contractuel. Le DQE applique ces prix à des quantités fictives pour comparer les offres, sans engager. La DPGF décompose un prix global et forfaitaire : là, c'est le total qui engage.
Selon le règlement de la consultation, l'offre peut être déclarée irrégulière, ou le prix manquant peut être réputé inclus dans les autres : vous exécuteriez alors la prestation sans être payé pour elle. Si une ligne vous semble déjà couverte ailleurs, posez la question à l'acheteur pendant la consultation plutôt que de laisser un blanc.
L'accord-cadre fixe la durée, le périmètre et vos prix unitaires. L'acheteur émet ensuite des bons de commande au fil de ses besoins, facturés en appliquant les prix du BPU aux quantités commandées, sans nouvelle négociation.
Seulement si le marché le prévoit. La clause de variation des prix du CCAP dit si vos prix sont fermes, actualisables ou révisables, et un bordereau qui engage sur plusieurs années ne se chiffre pas de la même façon selon la réponse.
Doaken lit le dossier, rapproche chaque ligne de son cahier technique et propose un prix avec son origine. Vos équipes arbitrent et signent.