Guide · mis à jour en septembre 2026
Le RAO est le document par lequel l'acheteur justifie son choix : chaque candidat, sa note sur chaque critère, le classement. C'est la seule pièce qui dise sur quel critère votre offre a perdu, et de combien.
Le rapport d'analyse des offres, abrégé en RAO, est le document par lequel l'acheteur retrace la façon dont il a jugé les offres reçues : la méthode de notation, la note de chaque candidat sur chaque critère, et le classement qui en découle. Il est rédigé par l'acheteur, ou par le maître d'œuvre pour la partie technique d'un marché de travaux, et il sert de base à la décision d'attribution. Ce n'est pas une pièce que l'on reçoit : c'est un document administratif que l'on demande, par écrit, après le rejet.
Un candidat écarté reçoit une lettre de rejet ; il ne reçoit pas le rapport. La lettre lui dit qu'il n'a pas été retenu, nomme l'attributaire et donne, sous forme synthétique, les motifs du rejet ainsi que les caractéristiques et avantages de l'offre retenue. Le rapport, lui, donne les chiffres. C'est toute la différence entre savoir qu'on a perdu et savoir où.
Voici le cœur d'un rapport d'analyse, sur un marché où la valeur technique pèse 60 points et le prix 40.
| Candidat | Technique / 60 | Prix / 40 | Total / 100 | Rang |
|---|---|---|---|---|
| Entreprise A | 48,0 | 34,5 | 82,5 | 1er |
| Entreprise B | 39,0 | 40,0 | 79,0 | 2e |
| Entreprise C | 42,0 | 31,2 | 73,2 | 3e |
L'entreprise B avait le meilleur prix du marché, et elle n'a pas gagné. Elle perd neuf points sur la technique là où elle n'en gagne que cinq et demi sur le prix. Baisser encore son prix ne l'aurait pas fait passer devant : c'est le mémoire qu'il fallait retravailler. Voilà exactement ce que le rapport permet de voir, et ce qu'aucune lettre de rejet ne dit.
Ce tableau est une illustration : les notes réelles, les critères et leur pondération changent à chaque marché. Ils sont annoncés à l'avance dans le règlement de consultation, et c'est là qu'il faut les lire avant même de répondre.
La forme varie d'un acheteur à l'autre, jamais le fond. On y retrouve toujours ces trois blocs, et une conclusion.
La grille de notation
Les critères de jugement et leur pondération tels qu'ils figuraient au règlement de consultation, les sous-critères et leur poids, la note de chaque candidat sur chacun, la note globale pondérée et le classement.
L'analyse technique
Points forts et points faibles de chaque offre, avec la justification des notes attribuées. C'est la partie la plus utile : elle est écrite en mots, et ces mots disent comment votre mémoire a été lu.
L'analyse financière
Le montant de chaque offre, la formule de notation du prix appliquée, les écarts entre candidats, et le cas échéant la mise en œuvre de la procédure sur les offres anormalement basses.
Le rapport se termine par le classement et la proposition d'attribution. Il mentionne aussi, quand c'est le cas, les offres écartées avant notation et pourquoi : candidature incomplète, offre irrégulière, offre anormalement basse dont les justifications n'ont pas convaincu. Cette dernière ligne est celle qu'on lit en premier quand on ne comprend pas son classement.
L'acheteur, seul ou assisté. Sur un marché de travaux, le maître d'œuvre contribue le plus souvent à l'analyse technique. Dans les collectivités, le rapport est présenté à la commission d'appel d'offres pour les procédures formalisées. Cette chaîne explique les délais de communication : le document circule avant d'exister sous sa forme définitive.

La demande est écrite, gratuite, et n'exige aucun formalisme particulier. Elle se fait en deux temps, et le second est celui que presque personne n'engage.
Le rapport communiqué est occulté de ce qui relève du secret des affaires. Vous verrez les notes et le classement, vous ne verrez pas le détail technique des offres concurrentes, ni, le plus souvent, leurs prix unitaires. C'est une limite normale, et elle protège aussi votre propre offre lorsque c'est un concurrent qui demande.
Une demande utile nomme le marché, sa référence et sa date, puis demande deux choses distinctes : les motifs du rejet avec les caractéristiques et avantages de l'offre retenue, et la communication du rapport d'analyse des offres. Les deux se demandent dans le même courrier, car elles ne suivent pas le même circuit interne.
Pour la place de cette étape dans la procédure et ce que dit l'avis d'attribution, qui nomme le titulaire et donne le montant retenu, voir le guide correspondant.
Deux lectures, deux conclusions opposées. La première erreur consiste à corriger le prix quand on a perdu sur la technique.
Un rapport isolé dit ce qui s'est passé sur un marché. Trois ou quatre rapports d'affilée disent ce qui se passe chez vous. Perdez-vous toujours sur le même sous-critère ? Vos notes techniques sont-elles régulières ou dépendent-elles de qui a rédigé ? L'écart de prix est-il stable, ou explose-t-il sur un type de prestation en particulier ? Ces réponses-là ne se lisent que dans la répétition, et elles valent plus qu'un recours.
Demander un entretien. Certains acheteurs acceptent d'expliquer oralement leur analyse à un candidat écarté, et ce qui est dit dans un échange de vingt minutes ne figure jamais dans un document écrit. Ce n'est pas un droit, c'est une demande, et elle est acceptée plus souvent qu'on ne le croit.
À ce moment-là, dans Doaken
Le rapport dit où vous avez perdu des points ; le mémoire suivant se joue là. Dans Doaken, le mémoire se construit sur les critères et sous-critères du règlement, section par section, dans l'ordre du jugement, en 12 min 30. Vos équipes relisent et signent.
Générer mon mémoire techniqueLe rapport est aussi le seul document qui permette de vérifier que l'acheteur a jugé comme il avait annoncé qu'il jugerait.
Le rapport d'analyse arrive presque toujours après la signature du marché, alors que le référé précontractuel, lui, doit être formé avant. Ce qui se joue vite se joue donc sur la lettre de rejet et les motifs détaillés, pas sur le rapport. Le rapport sert au recours qui reste ouvert après signature, et à ne pas refaire la même offre.
Le détail des conditions et des effets de chaque voie est dans notre guide des recours en marchés publics. Dans la très grande majorité des cas, le rapport ne sert pas à contester : il sert à écrire le dossier suivant autrement.
Le rapport d'analyse des offres, abrégé en RAO, est le document par lequel un acheteur public retrace la méthode de notation qu'il a suivie, les notes attribuées à chaque candidat sur chaque critère, et le classement qui en découle. Il n'est pas adressé spontanément aux candidats : ceux-ci reçoivent une lettre de rejet, qui doit indiquer les motifs, le nom de l'attributaire et, sur demande écrite, les caractéristiques et avantages de l'offre retenue. Une fois le marché signé, le rapport devient un document administratif communicable à toute personne qui en fait la demande, occulté de ce qui relève du secret des affaires : les notes et le classement sont communiqués, le détail technique et les prix unitaires des concurrents ne le sont pas. L'administration dispose d'un mois pour répondre à une demande de communication ; passé ce délai, le silence vaut refus, et la commission d'accès aux documents administratifs peut être saisie gratuitement avant tout recours devant le juge. Les critères de jugement, leur pondération et, le cas échéant, leurs sous-critères sont annoncés à l'avance dans les documents de la consultation, et l'acheteur ne peut pas noter sur un sous-critère qu'il n'a pas annoncé. Le rapport arrive en pratique après la signature du marché, c'est-à-dire après la fermeture du référé précontractuel, qui n'est ouvert que pendant le délai de suspension de onze jours après une notification électronique et de seize jours sinon. Restent alors le référé contractuel, formé dans les trente et un jours qui suivent la publication de l'avis d'attribution et six mois en l'absence d'avis, et la contestation de validité du contrat, ouverte deux mois après la publicité de sa conclusion.
Un rapport d'analyse ne fait que constater, après coup, ce que le règlement de consultation annonçait avant. La grille de notation existait dès le premier jour : elle était dans le dossier.
Vous relisez, vous corrigez, vous signez. Pour voir ce que donne un mémoire construit sur la grille de l'acheteur, voir le mémoire technique dans Doaken, l'analyse du dossier, ou demander une démonstration de 15 minutes.
Les réponses factuelles aux questions les plus posées sur le rapport d'analyse des offres.
RAO veut dire rapport d'analyse des offres. C'est le document par lequel un acheteur public retrace la méthode de notation qu'il a suivie, les notes attribuées à chaque candidat sur chaque critère, et le classement final. Il sert de base à la décision d'attribution, et il est rédigé par l'acheteur, assisté le cas échéant du maître d'œuvre pour la partie technique.
Oui, une fois le marché signé. C'est un document administratif, communicable à toute personne qui en fait la demande, après occultation de ce qui relève du secret des affaires. Avant la signature, sa communication est refusée, car elle porterait atteinte au déroulement de la procédure en cours.
Par une demande écrite adressée à l'acheteur, sans formalisme particulier, en nommant le marché, sa référence et sa date. Le passage par le profil d'acheteur a l'avantage de laisser une trace datée. Demandez dans le même courrier deux choses distinctes : les motifs du rejet avec les caractéristiques et avantages de l'offre retenue, et la communication du rapport lui-même.
Trois blocs et une conclusion. La grille de notation, avec les critères, leur pondération, les sous-critères et la note de chaque candidat. L'analyse technique, qui justifie les notes en relevant points forts et points faibles de chaque offre. L'analyse financière, avec les montants, la formule de notation du prix et les écarts. Puis le classement, la proposition d'attribution et, le cas échéant, les offres écartées avant notation et pour quel motif.
Le détail technique des offres concurrentes, leur savoir-faire et leur méthodologie, ainsi que, le plus souvent, leurs prix unitaires : ces éléments relèvent du secret des affaires et sont occultés. Vous verrez en revanche les notes, les appréciations portées sur votre propre offre et le classement. Cette limite protège aussi votre offre lorsque c'est un concurrent qui demande.
Un mois à compter de la réception de la demande. Passé ce délai, le silence vaut refus de communication. Il faut alors saisir la commission d'accès aux documents administratifs, gratuitement et par simple courrier, avant tout recours devant le juge administratif.
La lettre de rejet est envoyée automatiquement à chaque candidat écarté : elle dit que l'offre n'a pas été retenue, nomme l'attributaire et donne, sous forme synthétique, les motifs et les avantages de l'offre retenue. Le rapport, lui, se demande, et il donne les chiffres : la note de chaque candidat sur chaque critère et le classement. La lettre dit que vous avez perdu, le rapport dit où.
Il peut révéler une pondération différente de celle annoncée, un sous-critère qui n'apparaissait pas dans les documents de la consultation, une note non motivée ou une erreur de calcul. Mais il arrive presque toujours après la signature, donc après la fermeture du référé précontractuel. Restent le référé contractuel, dans les trente et un jours qui suivent la publication de l'avis d'attribution, et la contestation de validité du contrat, dans les deux mois de la publicité de sa conclusion.
Premier dossier ? Obtenir des marchés publics, en partant de zéro · Le vocabulaire des marchés, sigle par sigle · L'analyse du dossier · Décider, Go ou No-Go
Doaken sort les critères et leur poids du règlement de consultation, puis construit le mémoire dans l'ordre où la commission va noter.